vendredi 15 mars 2013

Critique Cloud Atlas


Cloud Atlas























Projet titanesque s'il en est, l'adaptation du best-seller de David Mitchell « Cloud Atlas » ne pouvait être donné à n'importe quel réalisateur à cause de son extrême complexité. Ce n'est pas un, ni deux, mais bien trois réalisateurs qui s'attellent donc à la mise en place de ce projet. Dans un premier temps, on présentera les inénarrables Wachowski à qui l'on doit la trilogie Matrix notamment. L'adaptation de Cloud Atlas au cinéma est leur idée et ils sont épaulés par Tom Tykwer qui a fait Le Parfum notamment. La particularité du roman est de se dérouler sur 6 périodes distinctes, ce qui annonce un tournage long et chaotique. C'est pourquoi le tournage a été divisé et deux équipes formées pour tourner le film deux fois plus rapidement, sans quoi il aurait fallu beaucoup plus de temps. Au niveau du casting, la production a fait fort avec des stars à la pelle : Tom Hanks (Da Vinci Code), Halle Berry (X-Men), Jim Broadbent (Harry Potter), Hugo Weaving (Matrix) et encore plein d'autres avec notamment Hugh Grant, Ben Whishaw,... Autant dire que le casting est plus qu'impressionnant. Je ne cache pas mon attente de voir le nouveau film des Wachowski après le mauvais Speed Racer, voir de quelle façon ils allaient se rattraper. Alors nouveau chef-d'oeuvre ou ratage en règle ?


Cloud Atlas nous fait suivre 6 histoires à différentes époques avec différentes réincarnations de mêmes personnes qui restent liées au cours du temps et des vies. Chose que je ne fais jamais, mais à cause de la complexité du synopsis je vais me contenter de copier celui d'allociné qui est très vague et ne spoilera pas. À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d'une vie à l'autre, naissant et renaissant successivement... Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l'avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.


Je ne peux faire comme à mon habitude et je ne parlerais pas des performances individuelles de chaque acteur à cause de leur trop grand nombre ici. Je me contenterais d'une appréciation globale qui est plus que satisfaisante. Tous les acteurs sont impliqués et jouent très bien, qu'ils soient « gentils » ou « méchant » selon les époques. La structure du film et des époques fait que les acteurs ne développent pas le même jeu sur chaque période, on aura plus un jeu intimiste dans une époque, plus thriller dans une autre et plus science fiction dans une autre. Mais dans chaque situation les acteurs sont à fond et sont crédibles.

Visuellement, le film est une véritable invitation au voyage. Voyage justement lors de la première époque, en 1849, où une bonne partie de l'époque se passe sur un bateau. Les costumes sont très crédibles et les décors bien réalisés. La 2ème époque, en 1936, qui est la mieux retranscrite je trouve. La partie en 1973 est très bien retranscrite et on est très bien plongé dans l'époque avec les tenues et les voitures notamment, tout autant que dans Argo je trouve par exemple. 2012 est peu exploitée et visuellement rien de spécifique à dire, alors que l'époque de 2144 est très impressionnante. Elle possède un aspect visuel, au niveau des décors, assez proche de Blade Runner notamment ou plus récemment le remake de Total Recall. Enfin la dernière période 2321 est très paradisiaque et vraiment très dépaysante. On a donc une scission entre chaque époque, avec chacune une identité visuelle forte et différente de l'autre. On retrouve la patte Wachowski avec quelques ralentis bien sentit et dans l'ensemble des plans très bien filmés. Le visuel est clairement un des points forts du film, globalement, il fourmille de détails et nous transporte littéralement tout du long.

Les musiques sont vraiment magiques. Tom Tykwer, en plus d'être le co-réalisateur est le co-compositeur. On peut dire qu'il fait mouche avec des partitions orchestrales splendides qui tissent un lien musical entre les différentes époques. De plus, une des forces du film est d'intégrer les musiques au scénario et c'est très intéressant.

Scénaristiquement, on se retrouve directement jeté dans le grand bain. Dans le premier quart d'heure, on a déjà eu à faire à l'ensemble (ou presque) des personnages du film, soit une bonne trentaine. On ne comprend pas les contextes de chaque époque. C'est pour moi le défaut du film, le scénario est tellement complexe que si on ne s'accroche pas un minimum au début on est très (trop) vite lâché. Après, on apprend sur le tas et on essaye d'assimiler une tonne d'informations et de personnages à retenir. D'autant plus que les époques s'enchaînent et s'entrecoupent, on passe donc de l'une à l'autre et il faut savoir à jongler avec les différents rôles des personnages. A ce niveau, le film est une véritable réussite, c'est un plaisir et un jeu de retrouver et reconnaître chacun des acteurs à chaque époque.

Le scénario est une réussite, car il pousse à réfléchir sur la réincarnation notamment. Les personnages sont liés entre eux entre les différentes époques, même s'ils n'ont pas les mêmes rapports. En plus de la réincarnation, le film traite de nombreux autres sujets dont l'amour qui est le plus récurrent. Je pense qu'il me faudra une seconde vision du film pour comprendre tous les tenants et aboutissants, mais je peux déjà dire que pour moi il s'agit d'un grand film. Alors certes la profusion de personnages, époques, détails tue un peu le tout, mais si on arrive à s'y retrouver le film se laisse suivre, nous pousse à réfléchir et surtout nous fait voyager.

Les différentes époques se valent, même si chacun aura ses préférences (pour moi ce sera 1936 avec l'histoire la plus intéressante et les audaces visuelles les plus poussées). MAIS et c'est un gros mais, je trouve que le tout manque de liant, de consistance. Quand le film finit on se dit « Tout ça pour ça ? », alors oui à la fin on a pas le détail qui fait qu'on se rend compte que tout est lié et que chaque choix est important. On remarquera surtout un gros lien entre les 2 époques dans le futur, mais pour le reste, à part quelques références, les liens sont très discrets. C'est vraiment dommage et c'est là que j'attendais le film, en plus de nous présenter une galerie de personnages et d'époques intéressantes, j'aurais aimé une connexion qui aurait donné un sens au tout.


Pour finir, on a vraiment la tête dans les nuages (jeu de mot) tout du long et on est porté par des images magnifiques et une musique parfaite. Les 2h40 du film se font un peu sentir par moment, même si dans l'ensemble ça passe très vite et on s'en souvient comme d'un rêve, magnifique, doux, tordu, mais on est sûr qu'il nous marquera. Pas parfait, mais sans aucun doute un excellent film.
Note : 8.5/10

mardi 12 mars 2013

Critique Jason Bourne L'héritage


Jason Bourne l'Héritage























Déjà 4ème épisode de la série des Jason Bourne, ce qui était prévisible vu l'excellent succès des 3 précédents films au box office. Mais exit ici l'adaptation de romans, les scénaristes ont inventé une toute nouvelle histoire. On peut parler de la fin d'un cycle, la fin de Jason Bourne qui ici prête seulement son nom au film pour être vendeur alors qu'il n'est que très peu question de lui dans le film. On dit au revoir au réalisateur des deux précédents volets et bonjour à Tony Gilroy à qui l'on doit Michael Clayton et Duplicity. On ne garde rien de la trilogie initiale donc cela signifie nouveau casting avec en tête d'affiche Jeremy Renner (Avengers, Démineurs), mais aussi Rachel Weisz (Lovely Bones, The Fountain) et Edward Norton (Moonrise Kingdom, L'incroyable Hulk). Donc suite efficace ou suite ratée juste là pour faire des bénéfices ?


Outcome est un programme qui est né de Treadstone, le programme auquel appartenait Jason Bourne. Outcome comprend en tout 6 agents dont Aaron Cross. Contrairement à Treadstone, le but d'Outcome n'est pas de façonner des tueurs, mais des agents capablent de réussir des missions très difficiles. Jason Bourne a compromis les agents d'Outcome, le gouvernement décide donc de mettre à un terme au programme en liquidant tous les agents. Aaron Cross arrive à survivre et est bien décidé à comprendre pourquoi on cherche à le tuer et découvrira ensuite les activités qui se cachent derrière le programme...


Jeremy Renner est ici relativement bon même si un rôle comme celui-ci ne demande pas de talent particulier si ce n'est une certaine forme physique. Edward Norton est quant à lui vraiment bon en méchant directeur de programme et plutôt charismatique. On va commencer avec les rares bons points de cette nouvelle itération cinématographique de la saga Jason Bourne, c'est-à-dire les scènes d'action : elles sont efficaces et très lisibles. A ce niveau c'est agréable à regarder. De façon général le film est bien dirigé par Tony Gilroy qui nous pond un film d'action visuellement propre. Le film se veut donc très réussi niveau divertissement et ne peine pas à se hisser au niveau des autres blockbusters d'action. Mais là où il pèche, c'est au niveau du scénario. Comme je l'ai dis précédemment, on est en face à un nouveau scénario et plus une adaptation de livre et ça se sens. Le scénario part très vite n'importe où, avec des manipulations génétiques pour obtenir de super espions et en multipliant les programmes et les détails pas forcément limpides. J'ai trouvé l'ensemble très brouillon et au final très convenu (le héros doit se faire injecter un virus qui pourrait le tuer, mais bon tout va bien au final). C'est dommage, pour une fois je sentais que les scénaristes on voulu se creuser un peu plus le cerveau pour nous sortir quelque chose d'un peu différent dans le monde des films d'action, mais au final on a l'impression de se retrouver avec un film d'action réussi, mais avec un scénario qui se veut intelligent alors qu'en fait non. Je ne sais pas bien comment mieux expliquer mon ressenti sur ce film. Rien de plus à dire, il s'agit d'un film au final très banal qu'on verra un dimanche soir pour ne plus s'en rappeler le lendemain matin. Mais on ne peut s'empêcher de penser que son titre est juste là pour attirer un public qui n'aurait surement pas été au rendez-vous s'il s'agissait d'une nouvelle franchise (même si le film actuel fait vaguement référence aux films précédents).


En conclusion, pas un mauvais film, mais un film d'une banalité navrante. On retiendra juste quelques scènes d'action plutôt sympathiques et un scénario presque réussi, mais seulement presque. Dommage.
Note : 5/10

dimanche 3 mars 2013

Critique Monsters


Monsters



Monsters est le premier film du réalisateur Gareth Edwards. Qui dit premier film, dit aussi tout petit budget. Projet très ambitieux que de vouloir s'attaquer aux films de monstres géants avec un budget ridicule comparé à de nombreux blockbusters américains. Un petit budget est caractérisé par de plus petits acteurs et peu de personnages. De ce fait on retrouve seulement un couple (ou presque) à l'écran, interprété par Whitney Able (nombreuses séries) et Scoot McNairy (Cogan, Argo). Alors qu'en est-il de ce premier film, essai transformé ou pétard mouillé ?


Une sonde de la NASA s'écrase au milieu de la forêt mexicaine, sauf qu'elle contenait des formes de vie extraterrestres. En quelques années, ces formes de vies se sont développées et adaptées à la Terre. Suite à quoi une grande zone entre les Etats-Unis et le Mexique (côté mexicain) est interdite aux humains, car très dangereuse. Un photographe est au Mexique, car il doit prendre des photos des catastrophés à cause des monstres, mais son patron lui demande de ramener sa fille aux Etats-Unis. Malheureusement ils ratent le dernier ferry qui pouvait les ramener et ils doivent alors passer au travers la zone pour retrouver leur maison...


Au niveau des acteurs rien à dire, l'un comme l'autre jouent très bien et l'alchimie du couple passe très bien à l'écran, ce qui est normal vu qu'ils sont en couple sur comme en dehors du tournage. Du coup les émotions sont très bien retranscrites et on se sent impliqué dans leur relation naissante. Parlons du seul point faible du film qui est le scénario. Il s'avère très simple et vite plié, mais ce n'est pas ce qui est intéressant ici. Il ne faut donc pas s'attendre à des rebondissements ou un scénario torturé, tout est dit dans le synopsis. Ce qu'on attend du film c'est son ambiance et autant dire qu'à ce niveau-là, tout est fait pour que l'ambiance soit exceptionnelle. Visuellement le film est une merveille. Les filtres appliqués à l'image rendent véritablement bien. Il suffit de regarder les images pour comprendre que rien que le visuel justifie le fait de voir Monsters. On sent la crasse du Mexique et de la forêt. De plus, certains plans sont parfaits, je trouve que la civilisation dépassée par la nature (le tank avec de la végétation dessus par exemple) rendent parfaitement bien. En parlant de visuel, je ne peux éviter de parler des monstres qui donnent leur nom au titre. Ils sont bien faits pour un film à petit budget, mais je critique plus leur aspect relativement banal si ce n'est mauvais. Le réalisateur avoue s'être inspiré des créatures des fonds marins, mais une pieuvre géante qui fait de la lumière n'a rien d'une créature extra-terrestre. Petit défaut, mais qui n'a pas de grande importance car on ne voit que très peu les monstres au final. Les musiques et les bruitages participent aussi fortement au sentiment de pression dans la zone interdite. Il ne faut donc pas s'attendre à un film de monstres à la Godzilla, mais plus un film sentimental avec des monstres en arrière plan, parce que, au final on sent leur présence tout au long du film sans pour autant les voir beaucoup avec la scène de fin. C'est une force du film que de s'être concentré sur les personnages et pas les gros monstres qui veulent tout détruire.


En conclusion, Monsters est un très bon film, d'autant que la qualité est plus que présente pour ce petit budget. Le film a tellement séduit, que Gareth Edwards s'est vu offrir les commandes de la prochaine adaptation de Godzilla, donc je l'attends de pied ferme s'il y met autant de coeur que dans ce film.
Note : 7.5/10

dimanche 24 février 2013

Critique Cogan Killing Them Softly


Cogan Killing Them Softly























Cogan est la troisième réalisation de Andrew Dominik à qui l'on doit Chopper et L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Il s'agit d'une adaptation du roman de L'Art et la manière parue en 1974 et écrit par George Higgins. Il s'agit d'un film avec un budget modeste car le précédent film de Andrew Dominik a été un gros flop aux Etats Unis à sa sortie. Le casting en est d'autant plus étonnant qu'on retrouve Brad Pitt, qui a accepté immédiatement le rôle suite à la lecture du script. On retrouve aussi Scoot McNairy (Monsters, Argo) ou James Gandolfini (Zero Dark Thirty). Le réalisateur a annoncé sa volonté de traiter tous les acteurs sur un même pied d'égalité, qu'ils soient des stars ou des jeunes débutants. La bande annonce en met plein la vue et on se dit que Brad Pitt ne choisit pas n'importe quel film surtout s'il est moins bien payé, ce qui s'annonce plutôt bien pour le film, mais qu'en est-il au final ?


Dans une ville américaine, la mafia locale possède des clubs de poker. Un jour, le club de Markie Trattman (Ray Liotta) se fait braquer. Après une période où tous les clubs sont fermés, on apprend que c'est Markie lui-même qui a braqué son club. Il est pardonné et le marché reprend. Un jour, Mickey (James Gandolfini) décide de braquer ce club afin de faire porter le chapeau à Markie. Pour cela, il engage Frankie (Scoot McNairy) et Russell (Ben Mendelsohn). Les deux arrivent à faire leur méfait, suite à quoi Jackie Cogan (Brad Pitt) est engagé par la mafia pour essayer de savoir si oui ou non Markie a retenté de se braquer.


L'ensemble des acteurs jouent très bien. Brad Pitt est très bon en Cogan, sans pitié et très calculateur. Pour moi, Scoot McNairy est ici très bon, il fait bien le jeune délinquant qui se retrouve dépassé par les évènements. Continuons sur la lancée des compliments avec la qualité de l'image. Le film est vraiment magnifique. Visuellement chaque plan apporte un plus, avec des jeux de couleurs et un grain très agréable. Les ralentis sont splendides, avec de bons plans et une bonne qualité de ralenti. Le problème est que le film a que ça, derrière rien ne suit. Le pitch tient sur un post-it, sans rebondissement ni fait nouveau qui apporte de la fraicheur à l'histoire. De ce fait le film semble très long et est très très mou, avec peu d'action. Les dialogues s'enchaînent, avec en ligne de mire ceux de Tarantino, mais sans jamais en avoir la saveur ni le punch. Du coup on se retrouve avec de longues scènes de dialogue qui sont énervantes et très ennuyantes. Autre point énervant, la propagande pro-américaine ou en tout cas tous les passages avec des extraits audios de différents présidents sur fond de musique patriotique. Non, c'est lourd et ça ne sert aucunement le film. Du coup, il faut prendre le film comme un clip à regarder, mais il ne faut pas en attendre plus. C'est dommage, l'ambiance semblait bonne et les acteurs aussi, mais au final le film s'essouffle très rapidement.


En conclusion, le film n'est pas non plus à jeter, il est beau. Mais tout le reste est raté et c'est bien dommage. Au final je ne le conseil clairement pas, sauf si vous avez trop de temps et que vous ne savez pas quoi faire... Et encore !
Note : 3/10

jeudi 14 février 2013

Critique Des Hommes Sans Loi


Des Hommes Sans Loi























Des hommes sans loi (Lawless) est l'adaptation d'un roman autobiographique de Matt Bondurant sur la prohibition américaine. Derrière la caméra on retrouve John Hillcoat à qui on doit notamment La Route. Il s'entoure avec un casting plus que conséquent avec notamment Tom Hardy (The Dark Knight Rises), Guy Pearce (Animal Kingdom), Shia Laboeuf (Transformers), Gary Oldman (The Dark Knight) et Jason Clarke (Public Ennemies). Malgré une époque qui à la base ne m'intéresse pas du tout, que vaut le film ?


En 1931, en pleine Virginie, alors que la prohibition bat son plein, les trois frères Bondurants sont de gros producteurs d'alcool de contrebande. On retrouve trois profils différents avec Jack le plus jeune qui rêve d'être un grand bandit, avec beaux costumes et belles voitures et cherche à impressionner Bertha, fille d'un religieux qui ne voit pas les Bondurant d'un bon oeil. Vient ensuite Howard qui semble bien profiter de la production d'alcool, mais qui est le frère loyal et bagarreur qui suivra sa famille quoi qu'il arrive. Et enfin, Forrest, l'ainé, qui est celui qui est près à tout pour protéger sa famille et ceux à qui il tient comme Maggie, jeune femme qui vient d'arriver après avoir fuie de Chicago. Alors que les frères Bondurant avaient un marché avec la police local, l'agent Rakes débarque pour mettre un terme ce trafic et peut importe qu'elles seront les méthodes à employer...


Tous les acteurs sont parfaits : un Tom Hardy plus charismatique que jamais en dur à cuire, un Shia Laboeuf enfin convaincant dans un rôle autre que celui de gamin de blockbuster, un Gary Oldman plus que classe en gangster. C'est du tout bon... ou presque ! Guy Pearce en fait malheureusement trop, il cabotine un peu dans son rôle de Rakes, il surjoue ce personnage. C'est vraiment le seul défaut au niveau de la performance des acteurs. Visuellement le film est une pure réussite, que ce soit avec les décors naturels vraiment magnifiques, le grain de l'image qui retranscrit bien l'époque. A noter que sur les lieux du tournage, l'équipe a trouvé des bâtiments datant de cette époque et dans ces bâtiments, des costumes d'époque. On ne peut donc pas critique l'authenticité du film. Le scénario est très intéressant, d'autant plus qu'il s'agit d'une histoire vraie. On s'attache vraiment aux « héros » et on ne peut que détester le personnage de Rakes. Au final, même une personne comme moi qui ne trouve pas particulièrement l'époque intéressante sera ravi suite au visionnage du film. Le film est long, mais ne donne jamais l'impression de trainer en longueur. Chaque scène est importante et rien n'est laissé au hasard. Les musiques sont aussi excellentes et mettent parfaitement dans l'ambiance. Au final, pas grand chose à dire, si ce n'est que le film est une franche réussite et qu'il réussit à nous faire revenir plusieurs dizaines d'années en arrière. On vit vraiment le film avec les personnages et c'est plus que réjouissant. Il ne faut pas s'attendre à un film d'action, il contient que très peu de fusillades et beaucoup de dialogues. Le film est techniquement irréprochable, avec un scénario simple, mais terriblement prenant et cela nous donne un des meilleurs films sur la prohibition qu'il m'a été donné de voir !


En conclusion, Lawless est pour moi un excellent film qui mérite qu'on s'attarde sur son cas et qu'on se laisse plonger dans la violence de l'époque. Porté par un casting d'exception le film est soutenu par une réalisation béton ce qui donne une œuvre cinématographique que l'on se doit de voir au moins une fois !
Note : 8.5/10

jeudi 7 février 2013

Critique 21 Jump Street


21 Jump Street























21 Jump Street est l'adaptation ciné de la série des années 87 du même nom très populaires aux USA. On retrouve derrière la caméra le duo de réalisateurs Phil Lord et Chris Miller à qui l'on doit Tempette de Boulettes Géantes, on peut donc dire qu'il y a un très gros virage en terme de genre de film. Exit le casting d'époque (quoique...) on renouvel le tout pour être plus au goût du jour avec le très bankable Channing Tatum (Magic Mike, GI Joe) et l'excellent Jonah Hill (Voisins du 3ème type). On retrouve aussi Brie Larson (Scott Pilgrim) ou Dave Franco (Scrubs). Jonah Hill a un rôle prépondérant dans cette production puisqu'il est producteur justement, mais aussi scénariste. Premier essai pour les réalisateurs de faire un « vrai » film, qu'en est il au final ?


Schmidt et Jenko étaient ensemble au lycée mais n'étaient pas les meilleurs amis du monde : Jenko était le sportif populaire alors que Schmidt est le nerd sans ami. Quelques années plus tard, ils se retrouvent ensemble aux inscriptions pour l'école de police. Le problème c'est que Jenko assure la partie physique, mais n'arrive pas à s'en tirer aux épreuves écrites, contrairement à Schmidt. C'est pourquoi ils décident de s'aider et deviennent donc des amis. Les deux décrochent leur droit d'exercer en tant que policier. Au bout de quelques jours, ils sont mutés au 21 Jump Street où on leur donne la mission de s'infiltrer dans un lycée pour découvrir une nouvelle drogue et démanteler le réseau avant qu'elle se répande à d'autres établissements. Sauf que le retour au lycée ne se passe pas comme les deux policiers l'avaient prévu...


Jonah Hill commence à se faire une place dans la comédie américaine et on sait pourquoi : il est vraiment très drôle dans ce film et joue bien. Son partenaire, Chaning Tatum est lui aussi très bon dans un registre différent d'un Magic Mike. Le duo qu'ils forment a du répondant et s'en sort très bien face à la caméra. Je soulignerais notamment Dave Fraco qui semble être un très bon acteur comme son grand frère ou encore Brie Larson qui a de quoi avoir un avenir brillant. Je ne connais pas du tout la série, je m'abstiendrais donc de toute comparaison entre le film et cette dernière. En tant que tel, le film se révèle plus drôle et fin que la moyenne des comédies US visant un public adolescent. L'écriture du film dévoile du bon et du moins bon, le scénario est cousu de fil blanc ce qui est contrebalancé par des dialogues très bien écris. L'humour fait mouche et je ne le trouve pas vu et revu (comme le coup des explosions pendant la course poursuite) ce qui est assez rafraichissant. Bon point pour le film, les dialogues ne sont pas les seules choses amusantes du film, on trouve aussi des situations très drôles tout le long du film. La réalisation reste majoritairement très banale et le film ne se démarquera pas à ce niveau. Musicalement le film ne brille pas non plus. On dirait que je descend le film alors qu'en fait il est sympathique, que c'est un film qui se laisse regarder et est vraiment drôle, même si pas innovant pour un sous ni inoubliable.


En conclusion, le film est porté par de très bon acteurs et une écriture comique bien maîtrisée. On ne peut pas en dire autant du scénario dont on devine les rebondissements assez rapidement, mais après tout c'est pas ce qu'on attend dans ce genre de film. A voir pour les amateurs de comédies. A noter qu'une suite est déjà prévue, j'attend de voir si les défauts majeurs de cet opus serons corrigés ou non.
Note : 6.5/10

dimanche 3 février 2013

Critique Happiness Therapy


Happiness Therapy























David O. Russel est un très bon réalisateur qui se fait relativement rare, son dernier film en date : Fighter. Il est donc ici aux commandes de cette adaptation du roman de Matthew Quick, dont il avait acquis les droits d'auteur. Le casting est constitué d'acteurs très vendeurs comme Bradley Cooper (Limitless, Very Bad Trip), de la valeur sûre comme Robert DeNiro (pas besoin de présentation) ou l'étoile montante d'hollywood Jennifer Lawrence (Hunger Games). Avec pas moins de 8 nominations aux Oscars et 4 aux Golden Globe, le film s'annonce sous les meilleurs hospices, mais qu'en est-il à la sortie de la projection ?


Pat Solatano a tout perdu dans la vie, sa femme, son boulot, sa maison. Après 8 mois en hôpital psychiatrique, il essaye de se refaire une vie. Son objectif, reconquérir sa femme. Malheureusement son injonction ne lui permet pas de lui parler. Suite à un repas chez son meilleur ami, il fait la rencontre de Tiffany qui a perdu son mari il y a peu. Elle veut bien l'aider à transmettre des lettres à sa femme en échange que Pat l'aide aussi à son tour. Au fur et à mesure, la relation entre Tiffany et Pat va évoluer et chacun va essayer de se reconstruire.


Tous les acteurs sont excellents dans le film. Bradley Cooper est très convaincant dans son rôle et ça change un peu des films plus grand public qui ne nécessite pas un jeu extraordinaire. Jennifer Lawrence est elle aussi très bonne dans son rôle. J'avais lu que DeNiro cabotinais, mais il n'en est rien, il est très bon et très touchant/attachant en père de famille fan de football américain. Le scénario est cousu de fil blanc, on devine la fin rien qu'en regardant la bande annonce, mais on prend plaisir à voir l'évolution des personnages d'autant plus qu'ils sont brisés. On rigole beaucoup pendant le film et il arrive à être très touchant quand il le faut. Le film est plein de bon sentiments sans jamais tomber dans le cliché du film à l'eau de rose. Rassurez vous messieurs, il ne s'agit pas d'un film réservé aux filles, mais bien d'un bon film pour tous. Le réalisateur jongle habilement avec ses personnages qui se révèlent au final tous utiles et intéressants. Visuellement le film est assez réussi, même si la réalisation est très sage. A noter que la musique est d'excellente qualité avec Hans Zimmer à la composition, donc tu très bon. Au final pas grand chose de plus à dire, le film n'est pas une merveille, mais un film qui fait très sincère et dont on sort heureux.


En conclusion, le film respire la bonne humeur et on s'ennuie jamais devant ses personnages en perdition et qui cherchent à se reconstruire. Malheureusement on regrettera une fin très « facile », mais sinon le film n'a pas de réel défaut pour ceux qui aiment le genre. Une réussite, mais pas le film de l'année.
Note : 7.5/10