dimanche 24 février 2013

Critique Cogan Killing Them Softly


Cogan Killing Them Softly























Cogan est la troisième réalisation de Andrew Dominik à qui l'on doit Chopper et L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Il s'agit d'une adaptation du roman de L'Art et la manière parue en 1974 et écrit par George Higgins. Il s'agit d'un film avec un budget modeste car le précédent film de Andrew Dominik a été un gros flop aux Etats Unis à sa sortie. Le casting en est d'autant plus étonnant qu'on retrouve Brad Pitt, qui a accepté immédiatement le rôle suite à la lecture du script. On retrouve aussi Scoot McNairy (Monsters, Argo) ou James Gandolfini (Zero Dark Thirty). Le réalisateur a annoncé sa volonté de traiter tous les acteurs sur un même pied d'égalité, qu'ils soient des stars ou des jeunes débutants. La bande annonce en met plein la vue et on se dit que Brad Pitt ne choisit pas n'importe quel film surtout s'il est moins bien payé, ce qui s'annonce plutôt bien pour le film, mais qu'en est-il au final ?


Dans une ville américaine, la mafia locale possède des clubs de poker. Un jour, le club de Markie Trattman (Ray Liotta) se fait braquer. Après une période où tous les clubs sont fermés, on apprend que c'est Markie lui-même qui a braqué son club. Il est pardonné et le marché reprend. Un jour, Mickey (James Gandolfini) décide de braquer ce club afin de faire porter le chapeau à Markie. Pour cela, il engage Frankie (Scoot McNairy) et Russell (Ben Mendelsohn). Les deux arrivent à faire leur méfait, suite à quoi Jackie Cogan (Brad Pitt) est engagé par la mafia pour essayer de savoir si oui ou non Markie a retenté de se braquer.


L'ensemble des acteurs jouent très bien. Brad Pitt est très bon en Cogan, sans pitié et très calculateur. Pour moi, Scoot McNairy est ici très bon, il fait bien le jeune délinquant qui se retrouve dépassé par les évènements. Continuons sur la lancée des compliments avec la qualité de l'image. Le film est vraiment magnifique. Visuellement chaque plan apporte un plus, avec des jeux de couleurs et un grain très agréable. Les ralentis sont splendides, avec de bons plans et une bonne qualité de ralenti. Le problème est que le film a que ça, derrière rien ne suit. Le pitch tient sur un post-it, sans rebondissement ni fait nouveau qui apporte de la fraicheur à l'histoire. De ce fait le film semble très long et est très très mou, avec peu d'action. Les dialogues s'enchaînent, avec en ligne de mire ceux de Tarantino, mais sans jamais en avoir la saveur ni le punch. Du coup on se retrouve avec de longues scènes de dialogue qui sont énervantes et très ennuyantes. Autre point énervant, la propagande pro-américaine ou en tout cas tous les passages avec des extraits audios de différents présidents sur fond de musique patriotique. Non, c'est lourd et ça ne sert aucunement le film. Du coup, il faut prendre le film comme un clip à regarder, mais il ne faut pas en attendre plus. C'est dommage, l'ambiance semblait bonne et les acteurs aussi, mais au final le film s'essouffle très rapidement.


En conclusion, le film n'est pas non plus à jeter, il est beau. Mais tout le reste est raté et c'est bien dommage. Au final je ne le conseil clairement pas, sauf si vous avez trop de temps et que vous ne savez pas quoi faire... Et encore !
Note : 3/10

jeudi 14 février 2013

Critique Des Hommes Sans Loi


Des Hommes Sans Loi























Des hommes sans loi (Lawless) est l'adaptation d'un roman autobiographique de Matt Bondurant sur la prohibition américaine. Derrière la caméra on retrouve John Hillcoat à qui on doit notamment La Route. Il s'entoure avec un casting plus que conséquent avec notamment Tom Hardy (The Dark Knight Rises), Guy Pearce (Animal Kingdom), Shia Laboeuf (Transformers), Gary Oldman (The Dark Knight) et Jason Clarke (Public Ennemies). Malgré une époque qui à la base ne m'intéresse pas du tout, que vaut le film ?


En 1931, en pleine Virginie, alors que la prohibition bat son plein, les trois frères Bondurants sont de gros producteurs d'alcool de contrebande. On retrouve trois profils différents avec Jack le plus jeune qui rêve d'être un grand bandit, avec beaux costumes et belles voitures et cherche à impressionner Bertha, fille d'un religieux qui ne voit pas les Bondurant d'un bon oeil. Vient ensuite Howard qui semble bien profiter de la production d'alcool, mais qui est le frère loyal et bagarreur qui suivra sa famille quoi qu'il arrive. Et enfin, Forrest, l'ainé, qui est celui qui est près à tout pour protéger sa famille et ceux à qui il tient comme Maggie, jeune femme qui vient d'arriver après avoir fuie de Chicago. Alors que les frères Bondurant avaient un marché avec la police local, l'agent Rakes débarque pour mettre un terme ce trafic et peut importe qu'elles seront les méthodes à employer...


Tous les acteurs sont parfaits : un Tom Hardy plus charismatique que jamais en dur à cuire, un Shia Laboeuf enfin convaincant dans un rôle autre que celui de gamin de blockbuster, un Gary Oldman plus que classe en gangster. C'est du tout bon... ou presque ! Guy Pearce en fait malheureusement trop, il cabotine un peu dans son rôle de Rakes, il surjoue ce personnage. C'est vraiment le seul défaut au niveau de la performance des acteurs. Visuellement le film est une pure réussite, que ce soit avec les décors naturels vraiment magnifiques, le grain de l'image qui retranscrit bien l'époque. A noter que sur les lieux du tournage, l'équipe a trouvé des bâtiments datant de cette époque et dans ces bâtiments, des costumes d'époque. On ne peut donc pas critique l'authenticité du film. Le scénario est très intéressant, d'autant plus qu'il s'agit d'une histoire vraie. On s'attache vraiment aux « héros » et on ne peut que détester le personnage de Rakes. Au final, même une personne comme moi qui ne trouve pas particulièrement l'époque intéressante sera ravi suite au visionnage du film. Le film est long, mais ne donne jamais l'impression de trainer en longueur. Chaque scène est importante et rien n'est laissé au hasard. Les musiques sont aussi excellentes et mettent parfaitement dans l'ambiance. Au final, pas grand chose à dire, si ce n'est que le film est une franche réussite et qu'il réussit à nous faire revenir plusieurs dizaines d'années en arrière. On vit vraiment le film avec les personnages et c'est plus que réjouissant. Il ne faut pas s'attendre à un film d'action, il contient que très peu de fusillades et beaucoup de dialogues. Le film est techniquement irréprochable, avec un scénario simple, mais terriblement prenant et cela nous donne un des meilleurs films sur la prohibition qu'il m'a été donné de voir !


En conclusion, Lawless est pour moi un excellent film qui mérite qu'on s'attarde sur son cas et qu'on se laisse plonger dans la violence de l'époque. Porté par un casting d'exception le film est soutenu par une réalisation béton ce qui donne une œuvre cinématographique que l'on se doit de voir au moins une fois !
Note : 8.5/10

jeudi 7 février 2013

Critique 21 Jump Street


21 Jump Street























21 Jump Street est l'adaptation ciné de la série des années 87 du même nom très populaires aux USA. On retrouve derrière la caméra le duo de réalisateurs Phil Lord et Chris Miller à qui l'on doit Tempette de Boulettes Géantes, on peut donc dire qu'il y a un très gros virage en terme de genre de film. Exit le casting d'époque (quoique...) on renouvel le tout pour être plus au goût du jour avec le très bankable Channing Tatum (Magic Mike, GI Joe) et l'excellent Jonah Hill (Voisins du 3ème type). On retrouve aussi Brie Larson (Scott Pilgrim) ou Dave Franco (Scrubs). Jonah Hill a un rôle prépondérant dans cette production puisqu'il est producteur justement, mais aussi scénariste. Premier essai pour les réalisateurs de faire un « vrai » film, qu'en est il au final ?


Schmidt et Jenko étaient ensemble au lycée mais n'étaient pas les meilleurs amis du monde : Jenko était le sportif populaire alors que Schmidt est le nerd sans ami. Quelques années plus tard, ils se retrouvent ensemble aux inscriptions pour l'école de police. Le problème c'est que Jenko assure la partie physique, mais n'arrive pas à s'en tirer aux épreuves écrites, contrairement à Schmidt. C'est pourquoi ils décident de s'aider et deviennent donc des amis. Les deux décrochent leur droit d'exercer en tant que policier. Au bout de quelques jours, ils sont mutés au 21 Jump Street où on leur donne la mission de s'infiltrer dans un lycée pour découvrir une nouvelle drogue et démanteler le réseau avant qu'elle se répande à d'autres établissements. Sauf que le retour au lycée ne se passe pas comme les deux policiers l'avaient prévu...


Jonah Hill commence à se faire une place dans la comédie américaine et on sait pourquoi : il est vraiment très drôle dans ce film et joue bien. Son partenaire, Chaning Tatum est lui aussi très bon dans un registre différent d'un Magic Mike. Le duo qu'ils forment a du répondant et s'en sort très bien face à la caméra. Je soulignerais notamment Dave Fraco qui semble être un très bon acteur comme son grand frère ou encore Brie Larson qui a de quoi avoir un avenir brillant. Je ne connais pas du tout la série, je m'abstiendrais donc de toute comparaison entre le film et cette dernière. En tant que tel, le film se révèle plus drôle et fin que la moyenne des comédies US visant un public adolescent. L'écriture du film dévoile du bon et du moins bon, le scénario est cousu de fil blanc ce qui est contrebalancé par des dialogues très bien écris. L'humour fait mouche et je ne le trouve pas vu et revu (comme le coup des explosions pendant la course poursuite) ce qui est assez rafraichissant. Bon point pour le film, les dialogues ne sont pas les seules choses amusantes du film, on trouve aussi des situations très drôles tout le long du film. La réalisation reste majoritairement très banale et le film ne se démarquera pas à ce niveau. Musicalement le film ne brille pas non plus. On dirait que je descend le film alors qu'en fait il est sympathique, que c'est un film qui se laisse regarder et est vraiment drôle, même si pas innovant pour un sous ni inoubliable.


En conclusion, le film est porté par de très bon acteurs et une écriture comique bien maîtrisée. On ne peut pas en dire autant du scénario dont on devine les rebondissements assez rapidement, mais après tout c'est pas ce qu'on attend dans ce genre de film. A voir pour les amateurs de comédies. A noter qu'une suite est déjà prévue, j'attend de voir si les défauts majeurs de cet opus serons corrigés ou non.
Note : 6.5/10

dimanche 3 février 2013

Critique Happiness Therapy


Happiness Therapy























David O. Russel est un très bon réalisateur qui se fait relativement rare, son dernier film en date : Fighter. Il est donc ici aux commandes de cette adaptation du roman de Matthew Quick, dont il avait acquis les droits d'auteur. Le casting est constitué d'acteurs très vendeurs comme Bradley Cooper (Limitless, Very Bad Trip), de la valeur sûre comme Robert DeNiro (pas besoin de présentation) ou l'étoile montante d'hollywood Jennifer Lawrence (Hunger Games). Avec pas moins de 8 nominations aux Oscars et 4 aux Golden Globe, le film s'annonce sous les meilleurs hospices, mais qu'en est-il à la sortie de la projection ?


Pat Solatano a tout perdu dans la vie, sa femme, son boulot, sa maison. Après 8 mois en hôpital psychiatrique, il essaye de se refaire une vie. Son objectif, reconquérir sa femme. Malheureusement son injonction ne lui permet pas de lui parler. Suite à un repas chez son meilleur ami, il fait la rencontre de Tiffany qui a perdu son mari il y a peu. Elle veut bien l'aider à transmettre des lettres à sa femme en échange que Pat l'aide aussi à son tour. Au fur et à mesure, la relation entre Tiffany et Pat va évoluer et chacun va essayer de se reconstruire.


Tous les acteurs sont excellents dans le film. Bradley Cooper est très convaincant dans son rôle et ça change un peu des films plus grand public qui ne nécessite pas un jeu extraordinaire. Jennifer Lawrence est elle aussi très bonne dans son rôle. J'avais lu que DeNiro cabotinais, mais il n'en est rien, il est très bon et très touchant/attachant en père de famille fan de football américain. Le scénario est cousu de fil blanc, on devine la fin rien qu'en regardant la bande annonce, mais on prend plaisir à voir l'évolution des personnages d'autant plus qu'ils sont brisés. On rigole beaucoup pendant le film et il arrive à être très touchant quand il le faut. Le film est plein de bon sentiments sans jamais tomber dans le cliché du film à l'eau de rose. Rassurez vous messieurs, il ne s'agit pas d'un film réservé aux filles, mais bien d'un bon film pour tous. Le réalisateur jongle habilement avec ses personnages qui se révèlent au final tous utiles et intéressants. Visuellement le film est assez réussi, même si la réalisation est très sage. A noter que la musique est d'excellente qualité avec Hans Zimmer à la composition, donc tu très bon. Au final pas grand chose de plus à dire, le film n'est pas une merveille, mais un film qui fait très sincère et dont on sort heureux.


En conclusion, le film respire la bonne humeur et on s'ennuie jamais devant ses personnages en perdition et qui cherchent à se reconstruire. Malheureusement on regrettera une fin très « facile », mais sinon le film n'a pas de réel défaut pour ceux qui aiment le genre. Une réussite, mais pas le film de l'année.
Note : 7.5/10